TOYO ITO

Récompensé cette année par le prix Pritzker, Toyo Ito est le sixième architecte japonais à obtenir cette prestigieuse récompense depuis sa création en 1979. Retour sur sa carrière et ses dernières réalisations.

Rappelons pour débuter ce qu’est le prix Pritzker. Décerné chaque année depuis 1979 par la Fondation Hyatt, il vient récompenser le travail d’un architecte en activité qui a contribué par ses réalisations à l’évolution de l’humanité. Après Kenzo Tange (1987), Fumihiko Maki (1993), Tadao Ando (1995) et le duo Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa (2010), Toyo Ito sera ainsi le sixième nippon couronné par ce « Nobel » de l’architecture.


A 71 ans, Toyo Ito fait partie des monstres sacrés de la construction. Né à Séoul en 1941 de parents japonais, diplômé de l’Université de Tokyo en 1965 et ancien collaborateur de Kiyonori Kikutake, il fonde son studio Urban Robot en 1971 rebaptisé Toyo Ito & Associates huit ans plus tard. Jusqu’à la fin des années 80, il se concentre principalement sur la maison individuelle avec pour premier projet l’Aluminium House (1971) dont la structure en bois était totalement recouverte d’aluminium. Cinq ans plus tard, il réalise la White U, résidence de béton minimaliste qui participera à sa reconnaissance. Des commandes publiques lui sont passées à partir de 1991 dont les plus reconnues sont le Pavillon Nippon de l’Expo Universelle de Hanovre (2000) et la médiathèque de Sendai achevée en 2001. Pensé comme un modèle novateur d’espace culturel pour le XXIème siècle, cet édifice en forme de cube est constitué d’une peau de verre et d’une structure reposant sur treize colonnes de tailles différentes assurant à la fois stabilité et circulation des énergies. Une véritable prouesse technique et artistique qui révèle le penchant de Toyo Ito pour les jeux de lumière et de transparence ainsi que pour les nouvelles technologies, notamment celles permettant de palier aux problèmes sismiques du Japon.


La décennie qui suit voit sa notoriété dépasser les frontières de son archipel grâce à des projets phares tels que le Pavillon de la Serpentine Gallery de Londres en 2002 ou l’Hôpital Cognacq-Jay à Paris. L’Europe devient alors un nouveau terrain de jeu pour Toyo Ito qui multiplie les chantiers en Belgique (Pavillon de Bruges), en Espagne (Gran Via venue) et aux Pays-Bas (Mahler 4 Block 5).

Libre et ingénieux, Toyo Ito s’affiche pourtant comme un éternel insatisfait. « De toute façon, quand une construction est terminée, je deviens douloureusement conscient de mes propres insuffisances, et cela se transforme en énergie pour me confronter au projet suivant ». Un moteur qui le pousse régulièrement à casser les codes pour mieux faire évoluer son art et faire sortir de terre des « structures intemporelles à la dimension spirituelle ». Sa réflexion a toujours été portée sur des concepts constructifs inédits privilégiant les nouveaux modes de circulation et de communication.


En quarante ans de carrière, il s’est « efforcé à chaque fois d’étendre le champ des possibles de l’architecture» précise le président du jury Lord Peter Palumbo. Théâtres, parkings, parcs, boutiques, bureaux, bibliothèques ou maisons individuelles, Toyo Ito aura grandement contribué au développement architectural du Japon et du monde. Il se verra remettre le prix Pritzker le 29 mai prochain à la bibliothèque J. F. Kennedy de Boston.

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www.toyo-ito.co.jp / © Photos : Portrait : Yoshiaki Tsutsui / Mikio Kamaya / Tomio Ohashi / Nacasa & Partners Inc. / Hiroshi Ueda / Kuramochi+Oguma / Fu Tsu Construction Co., Ltd. / Daici Ano

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