LA BOCA

Membre fondateur et directeur artistique de La Boca, Scot Bendall nous raconte son histoire et livre quelques secrets de fabrication. Spécialisé dans l’illustration et la production d’images, ce studio de design graphique basé à Londres et à Amsterdam collabore principalement avec les industries musicale et cinématographique mais pas seulement…. ouvrez grand vos yeux !

Salut Scot, Pour commencer, peux-tu nous raconter l’histoire de la Boca ? J’ai fondé le studio à Londres en 2002 avec mon partenaire Alain de la Mata, originaire de Bordeaux. Nous avons commencé à travailler avec les industries cinématographique et musicale et pendant longtemps nous avons exclusivement collaboré avec elles. Au départ, nous opérions comme une agence de design graphique traditionnelle puis de fil en aiguille nous nous sommes dirigés vers l’illustration et aujourd’hui nous nous concentrons principalement sur ça et la production d’images. Nous sommes très fiers de pouvoir à l’heure actuelle composer avec différents types de clients, petits ou grands, qu’elle que soit la nature du projet.

Pourquoi avez-vous choisi ce nom ? Le nom du studio est à la base inspiré par La Bocca, petite ville de la banlieue cannoise. C’est l’endroit où l’on installe en général lorsqu’on ne peut pas rester à Cannes durant le festival. L’idée que cela représente quelque chose de petit et moins aisé à côté de quelque chose de plus grand et riche nous a plu. Une parfaite métaphore pour notre agence à l’époque ! Aussi La Boca se traduit par La Bouche, ça sonnait bien pour un studio de design. C’est une pure forme de communication.

Il est difficile de cataloguer le style de La Boca. Comment le décrirais-tu ? C’est un véritable choix de notre part à vrai dire. Nous avons toujours été conscients de ne pas développer un style fort reconnaissable sur l’ensemble de notre travail Nous aurions pu effectivement construite une vraie identité La Boca mais je pense que cela n’aurait pas été très funky. Je pense que tout le monde s’ennuierait très rapidement si nous devions nous répéter tout le temps. Je suis conscient que certaines créations suivent parfois un modèle (comme jouer avec l’échelle) et que plusieurs concepts sont récurrents, mais j’aime également essayer différentes idées et techniques. Je refuse souvent des projets si le brief implique la répétition de ce que nous avons déjà mis en oeuvre par le passé. Selon moi, il est primordial de trouver du plaisir et un intérêt à concrétiser les projets sans être trop limité par les demandes du client.

Tu vis et travailles à Londres. Quelle est l’influence de la ville au quotidien ? Je voudrais d’abord apporter une petite précision. Aujourd’hui, La Boca est divisée en deux studios, l’un est installé à Londres et le second est basé à Amsterdam. Chaque studio travaille en relation étroite avec l’autre à distance. Je suis né et j’ai grandi à Londres, donc la ville en elle-même a inévitablement une grosse influence sur su moi personnellement. Je me demande souvent si l’utilisation des couleurs vives sur nos créations est une réaction directe à l’environnement gris dans lequel nous vivons mais je ne suis pas sûr ! Cependant, je n’ai pas l’impression de faire partie d’une scène graphique londonienne. J’ai probablement plus d’amis graphistes à Paris qu’à Londres.

laboca03

Peux-tu nous parler de la collaboration avec Ray-Ban pour la campagne Never Hide ? Ce fut un projet super intéressant pour nous. Nous avons été approchés directement par Ray-Ban qui était sur le point de sortir un nouveau modèle de Wayfarer baptisé La Boca. La marque a pensé que ce serait vraiment cool que nous participions à la campagne de lancement. Nous n’avons pas hésité une seule seconde et avons sauté sur l’occasion! L’affiche principale faisait partie de la série Never Hide donc nous l’avons imaginée selon le concept de couches révélatrices de la personnalité. L’idée étant d’affirmer sa propre individualité et ne pas être un caméléon dans la vie. Peu après, Ray-Ban a commandé une animation pour donner vie à l’affiche, ce qui était assez étrange pour nous car nous n’avions jamais vu auparavant notre travail décliné de cette manière. (vidéo)

Quel est le processus de création pour les pochettes d’albums et les affiches de films. Est-il le même ? Es-tu inspiré par la musique, l’artiste lui-même, les personnages ou le type de film ? Le processus est assez similaire de manière générale mais il existe tout de même une différence. Pour les films, tu crées une affiche pour quelque chose qui a déjà une  forme visuelle tandis que pour la musique tu dois créer une pochette pour quelque chose de complètement invisible pour les yeux. D’une certaine manière, nous avons pour rôle la création du lien visuel entre la musique et le public ce qui représente un sacré défi pour moi. Généralement (mais pas toujours), les projets musicaux sont plus personnels. J’ai vraiment besoin de comprendre la musique ou l’artiste avant de pouvoir imaginer l’artwork. La création d’affiches de films est plus compliquée dans le sens où il est nécessaire de prendre en compte les contraintes commerciales. Il est difficile de s’inspirer simplement du film car l’affiche doit avoir pour objectif principal d’attirer le public. L’affiche idéale est celle qui rajoute quelque chose à l’expérience et qui ne se contente pas d’être uniquement la visualisation d’une scène ou d’un personnage. Il faut faire en sorte qu’elle accompagne le film et qu’elle étende la connexion émotionnelle sans être seulement un outil de vente.

laboca04

Avec quel artiste ou label aimerais tu collaborer ? J’aimerais créer des visuels un peu « fous » pour un artiste ultra commercial comme Lady Gaga par exemple. Sinon en termes de style musical, le hip-hop a toujours fait partie intégrante de ma vie mais je n’ai jamais travaillé de près ou de loin pour cet univers. Quelques visuels pour le label Stone Throw ce serait génial s’il vous plait !

Tu as collaboré avec Nike pour le lancement de l’édition spéciale MAG, les sneakers portés par Michael J Fox dans Retour vers le Futur 2. Etait-ce quelque chose de spécial de travailler sur ce film qui fait partie d’une des trilogies de science-fiction les plus célèbres ? Tous les gens qui ont vu le film voulaient avoir les chaussures et l’hoverboard ! Ah oui, c’était un projet très spécial pour moi ! Je me rappelle étant plus jeune avoir été obsédé par les MAGs et le Hoverboard lorsque le film est sorti. Tout le monde l’était d’ailleurs ! C’est un moment qui a marqué profondément mon enfance. Mis à part ces souvenirs, je suis aussi un grand fan de sneakers donc tout ce qui a un rapport avec Nike est captivant pour moi. Nous avons aussi reçu deux Hoverboards avec ce projet mais nous n’avons pas encore trouvé la place pour les accrocher sur les murs de l’agence. Pour le moment, ils sont encore dans leur boîte.

laboca06

Tu es venu à Nantes il y a plusieurs mois pour une exposition consacrée à La Boca. Comment était-ce et quel regard portes-tu sur la scène graphique française ? Oui, j’en garde d’excellents souvenirs. Je n’étais jamais venu à Nantes avant et j’ai été très surpris par l’engouement que notre travail a suscité auprès du public. Le studio a déjà travaillé sur des projets français ce qui nous a permis de rencontrer plusieurs acteurs du graphisme en France. Il existe des grands talents chez vous! J’en profite pour passer le bonjour à nos amis de Ill Studio et LVL Studio!

Que fais-tu lorsque tu as besoin de trouver des nouvelles idées ? As-tu un “p’tit truc” pour stimuler ton imagination ? Comme tous les créatifs, je suis toujours en train d’observer ce qui m’entoure. Il ne faut jamais “s‘éteindre”! C’est généralement autour de moi que je recueille de la matière. La clé, c’est d’enregistrer tout ce que tu peux pour avoir le maximum d’éléments auxquels tu peux ensuite te référer. J’utilise principalement l’application Evernote pour organiser mes idées et trouver l’inspiration plus tard.

laboca05

Quels sont les actuels et futurs projets du studio ? Nous sommes très occupés en ce moment et tant mieux! Nous travaillons avec les très sympathiques allemands de Booka Shade et le groupe indie anglais Bombay Bicycle Club. Et puis nous avons des projets super cool en cours avec nos vieux amis parisiens du label Versatile.

Un dernier mot… Carpe Diem

…………………………………………………………………………………………………………………….

http://site.laboca.co.uk

Facebooktwittergoogle_pluspinterestlinkedin


© 2015 FOCUS MAGAZINE Montpellier - Nîmes - Avignon - Marseille - Aix en Provence