INTERVIEW – THOMAS DANTHONY

Montpelliérain d’origine aujourd’hui basé Outre-Manche, Thomas Danthony, graphiste et illustrateur, s’est déjà constitué un solide book à seulement 27 ans. Particulièrement inspiré par l’univers retro du début du XXème siècle, il produit des images aussi bien pour la télévision
que des grands titres de presse et poursuit en parallèle un travail personnel de peinture.


 

Hello Thomas. Tu habites à Londres et tu étais de passage à Montpellier il y a quelques jours… Tu es originaire de la région ?
Oui exactement, je suis né à Montpellier mais depuis le bac, j’ai pas mal bougé aussi bien en France qu’en Europe. Aujourd’hui, je suis installé à Londres.

Jungle

Parle-nous un peu de ton parcours graphique ?
J’ai toujours aimé dessiner et peindre, mais mon parcours professionnel a réellement commencé durant mes études de design produit, j’en ai profité pour explorer l’univers du graphisme et de l’illustration. Mon diplôme en poche, j’ai ensuite rejoint Londres où j’ai travaillé un peu dans la mode et le graphisme. Après avoir montré mon travail naissant en illustration j’ai commencé à avoir des commandes et ensuite ça s’est enchainé assez vite.

Observer

Pourquoi as-tu choisi de rejoindre Londres ? Pour les opportunités professionnelles ?
Au début c’était plutôt pour apprendre l’anglais et Londres était une ville attirante, anglophone et surtout très proche et facile d’accès. Rapidement je me suis rendu compte que la culture du travail y était très différente, particulièrement dans les métiers artistiques, avec la possibilité d’avoir sa chance, peu importe l’âge ou les études effectuées. En revanche c’est aussi plus compétitif, il y a beaucoup d’écoles de Design et d’Illustration et donc beaucoup de nouveaux jeunes talents chaque année.

Peux-tu nous décrire ta boîte à outils et tes procédés de création ? Dessin manuel, peinture, passage au numérique ensuite… ?
Utilises-tu parfois des photos comme support de base ?
Pour mes projets de commande mon outil principal est Photoshop. Du sketch à l’image finale tout est digital. Par contre pour mes projets personnels, j’aime revenir au papier et à la peinture. Il s’agit de trouver un équilibre entre les médiums qui permettent de se renouveler sans rentrer dans une routine. J’utilise souvent des photos de référence que je shoote le plus souvent avec le Photo Booth de l’ordinateur.

Sentinels

On sent que tu es très influencé par le cinéma ou l’architecture et un univers rétro de manière générale…
Le cinéma et l’architecture sont parmi mes principales sources d’inspiration mais je trouve de l’inspiration dans beaucoup d’autres choses comme la photo, les voyages, la mode, la nature… Pour le côté rétro je suis friand d’affiches du début du siècle, mais aussi d’estampes japonaises… etc

Tu as présenté au mois de septembre des œuvres chez Sergeant Paper à Paris à l’occasion d’une expo baptisée « Voyage ». Que pouvait-on y voir ?
L’expo a duré jusqu’au 30 septembre et j’y ai présenté principalement des gouaches sur papier (A4) et une petite installation de vitrine. Les œuvres étaient aussi exposées sous forme de prints digitaux (50 x 70 cm). Il s’agit d’une série de 12 gouaches qui déroulent un VOYAGE en partie inspiré par mes propres expériences et en partie rêvé. Elles sont réalisées selon une technique ancienne de pochoirs que je pratiquais il y a quelques années et que j’ai retrouvée et réadaptée pour l’occasion. J’ai hâte de m’y remettre pour une prochaine expo.

Tu collabores régulièrement avec la presse : Science, The Atlantic, The Sunday Time, The New Republic…. Le papier souffre face aux formats numériques mais il demeure incontournable. Comment vois-tu l’avenir de ce support  dans ton métier ?
Mon processus créatif est le même que je travaille pour la presse papier ou le web. Je pense que la presse papier a toujours de beaux jours devant elle. Quand le numérique est arrivé il y a eu un temps d’adaptation au niveau des contenus et formats mais maintenant j’ai le sentiment qu’il y a un second souffle de la presse papier. Le numérique est bien pour la réactivité des news quand le papier permet de prendre un peu de recul.

Window

J’ai vu que tu avais collaboré avec l’agence Leith pour une campagne de sensibilisation sur les dangers de l’alcool au volant pour le gouvernement écossais. On n’a jamais vu de telles illustrations en France sur un tel sujet… Ce métier est-il considéré différemment outre-manche ?
De manière générale, les anglais ont tendance à être plus trash avec des images plutôt explicites quand il s’agit de faire de la prévention. Mais là le but de cette communication était de cadrer avec une campagne de prévention spécifique à l’été et donc très axée vacances. L’agence voulait une version un peu modernisée des posters de voyages du début du siècle. Il est vrai qu’au Royaume-Uni on est habitués à voir beaucoup d’illustrations en couvertures de magazine, dans la pub… Je connais mal le marché français car je travaille principalement avec les US et l’Angleterre mais j’ai l’impression que ça bouge de plus en plus en France du côté de l’illustration.

As-tu pour projet de développer la partie textile de ton univers ?
J’ai toujours été intéressé par le design textile alors ça serait un plaisir de collaborer avec de nouveaux clients. C’est toujours agréable d’avoir des supports de création différents.

 Quel est le programme pour les semaines et mois à venir ?
Après l’expo, j’ai repris mon travail de commande avec de super projets qui devraient sortir très bientôt. J’ai aussi plusieurs voyages prévus d’ici Noël à New-York et en Afrique du Sud et je réfléchis déjà aux prochains travaux sur lesquels je plancherai.

 

 

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