INTERVIEW – DELPHINE CHANET

Ses clichés cinématographiques représentant régulièrement l’univers enfantin ont fait de Delphine Chanet l’une des collaboratrices privilégiées du magazine Milk. Sublimant le réel, l’intime et l’intensité des personnalités, la photographe parisienne à l’affiche des Rencontres d’Arles cette année propose des images narratives, une comédie humaine simple, pleine de lumière et de couleurs. Interview.

Bonjour Delphine. Vous étiez en Chine mi-novembre où vous avez passé une dizaine de jours… Un voyage professionnel ? Les rencontres d’Arles se déplacent en Chine à Xiamen dans le cadre de Jimei X Arles Encounters the West East International Photo Festival, je faisais partie des photographes exposés, malheureusement j’ai dû annuler mon voyage pour des raisons familiales…

Revenons un peu sur vos débuts. J’ai lu que vous aviez suivi une formation à Penninghen aux côtés d’un photographe de mode. Ce fut un véritable déclic ? Frank Horvath été un très bon professeur, je me souviens surtout de ses cours d‘histoire de la photographie. Mais la mode n’était pas un genre photographique qui m’intéressait à l’époque.

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Votre travail de directrice artistique a-t-il influencé celui de photographe que vous exercez aujourd’hui ? Ma formation de graphiste et de D.A a très certainement influencé ma photographie, je suis obsédée par la construction et la composition de l’image.

Un peu plus tard a débuté la collaboration avec Milk, magazine spécialisé dans l’univers enfant. Comment est-elle née ? J’ai entendu parler d’un magazine français de mode enfantine qui se créait au moment même ou je finalisais mon portfolio – à l’époque je faisais essentiellement des photos de mes proches et de ma fille, Thais. J’ai fini par faire une série pour le numéro Zéro du Milk. Nous avons démarré l’aventure ensemble en quelque sorte.

Vous dites que c’est votre fille qui vous a donné l’envie de vous inscrire dans cet espace de création qui est à l’heure actuelle l’un de vos terrains de jeu favoris… Existe-t-il des contraintes particulières lors d’un shooting enfant ? Est-ce si différent des adultes ? Oui ma fille est MA grande source d’inspiration, elle est aujourd’hui adolescente, tranche d’âge incroyablement intéressante à observer. Je ne sais pas s’il y a réellement de contraintes spécifiques à un shooting enfant à part des contraintes de jour et de nombres d’heures à respecter. La réelle différence pour moi, se trouve dans la spontanéité et le naturel, très présents chez l’enfant et quasiment nuls chez l’adulte. Les adultes sont incroyablement formatés, les enfants ne le sont pas encore.

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Il y a aussi Papier Mache et Elle. La presse semble être un domaine que vous appréciez particulièrement… La presse pour laquelle je travaille reste pour moi un espace de création, de liberté d’expression, ces magazines ne sont pas dans l’attente de série conventionnelle et me font confiance. De plus ce sont de beaux magazines avec une assez grande visibilité, cela serait dommage de m’en priver.

Vous avez participé cette année aux Rencontres Photo d’Arles et réalisé l’affiche. Quel regard portez-vous sur cette manifestation d’envergure ? C’est une vitrine incomparable pour un photographe… Rien que de me balader dans Arles tout en découvrant la programmation des Rencontres, c’est le pied. Chaque année j’y trouve un intérêt différent. Je découvre de nouveaux travaux photographiques. Je regarde tout dans les détails… du propos, des installations, aux accrochages, à la mise en espace. Y exposer cette année a été une belle expérience, instructive, enrichissante, c’est évidemment très gratifiant. C’est une forme de reconnaissance. Mais ca a aussi soulevé pas mal de questionnements sur le sens et le développement de mon travail artistique.

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Question technique simple : vous êtes plutôt numérique ou argentique ? J’aime les deux techniques, j’ai toutefois une préférence pour l’argentique, pour sa profondeur, sa texture. Il y a beaucoup d’avantage à travailler en numérique mais j’ai pris de mauvaises habitudes comme faire un nombre incalculable d’images par shooting. Travailler avec mon Mamiya C330 ou mon Yashica T4 me rend terriblement heureuse.

Claire Jacquet dit que la simplicité et la radicalité font partie de vos points cardinaux. Etes-vous d’accord avec ces termes ? Difficile de dire. J’ai du mal à poser un regard sur mon travail.

Quel est votre programme pour cette fin d’année 2015 et le début 2016 ? J’expose à Xiamen en Chine du sud avec les Rencontres d’Arles jusqu’au 15 décembre 2015. http://jimeiarles.org. En Février j’exposerai dans le cadre de La nuit de la photographie à La-chaux-de-fonds en Suisse.

 

delphinechanet.com

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