SUPAKITCH INTERVIEW

Après un séjour au Mexique avec Veenom et Franck Pellegrino, SupaKitch expose actuellement à la Kolly Gallery de Zurich. Installé sue la côte basque et passé par le Marché du Lez fin août avec Koralie pour réaliser une œuvre monumentale, il nous parle de son dernier voyage à Los Angeles, évoque ses débuts dans le tatouage, ses dernières collaborations sans oublier le programme chargé qui s’annonce en 2017.


Tu étais au Mexique et à Los Angeles fin novembre-début décembre ?

Yes, j’ai passé quelques jours à Mexico où j’étais invité par Gonzalo Alvarez, fondateur du collectif Mammuth. C’est un passionné de street culture que j’ai connu il y a 5-6 ans lorsqu’il m’avait proposé de peindre un mur avec Koralie. Il invite régulièrement des artistes du monde entier à se rendre au Mexique pour faire découvrir leur univers aux locaux qui n’ont pas un accès facile à cette culture underground. Je suis donc venu avec Veenom et Franck Pellegrino pour des sessions tatouage réalisées à partir de dessins que j’avais préparés. J’ai été assez surpris de l’engouement des gens pour notre travail. Après ce petit séjour, je suis parti en direction de Los Angeles pour préparer ma prochaine exposition.

Justement, tu peux nous en dire un peu plus sur ton prochain solo show…

Il aura lieu du 18 janvier au 18 février à la Kolly Gallery de Zurich. Il s’agit d’une exposition vraiment complète durant laquelle je vais présenter différents types de supports illustrant l’ensemble de mon univers et de mes influences. On y retrouvera des résines, des teintures indigo, des toiles, des œuvres sur papiers… Un super mélange ! Je suis allé à Los Angeles justement pour travailler sur les futures résines de l’expo avec The Son of Cobra, un ami qui fabrique des planches de surf. On avait commencé à travailler autour de ce support il y a quelques temps en appliquant dessus une résine teintée pouvant être peinte ensuite en mélangeant des pigments. Aujourd’hui, je pousse le travail un peu plus loin en apportant de la profondeur grâce à une technique qui pourrait s’apparenter à des calques. On met une couche de fibre de verre, de la résine et on ponce et ainsi de suite jusqu’à obtenir trois couches de résine sur laquelle je peux ensuite peindre. J’exposerai donc huit nouvelles résines à Zurich.

 

Parle-nous de ta nouvelle vie au Pays Basque ?

On parlait de surf précédemment et c’est justement l’endroit parfait pour le pratiquer. Nous sommes installés là-bas depuis début avril mais je connaissais déjà bien la région pour y être venu auparavant. Je tatouais à Biarritz avant d’y emménager et aujourd’hui c’est devenu mon terrain de jeu puisqu’on a installé, avec Jeykill et Veenom, un espace dédié au tatouage qui fait aussi office de galerie et de shop. C’est un salon Bleu Noir différent de celui de Paris qui est aussi devenu mon atelier.

 

Le tatouage occupe désormais une bonne partie de ton temps…

Oui je partage mon temps entre la peinture et le tatouage, et le surf bien sûr. Ça fait trois ans maintenant que je pratique le tatouage qui représente une continuité artistique puisque j’ai choisi de ne tatouer que mes propres créations : soit un dessin déjà réalisé, soit un nouveau inspiré par des idées que l’on me donne.  Pour en revenir aux débuts, j’ai démarré avec mon amie Caro Karénine qui m’avait offert le matériel nécessaire. Une véritable transmission de savoir. Je me suis entrainé un bon moment avant de me lancer officiellement. Même si je dessine depuis très longtemps, je suis reparti de zéro avec le tattoo. C’est vraiment passionnant car le support est tout à fait différent, il est vivant donc il faut s’adapter en permanence à chaque partie du corps et à la peau. Et puis il m’a permis de faire évoluer ma peinture, notamment au niveau du dessin. Aujourd’hui, j’organise les sessions tattoo uniquement à Biarritz pour la France et aussi à l’étranger quand j’en ai l’occasion… Et pour l’instant, je suis booké jusqu’en mai 2017 !

 

 

Tu as réalisé cette année une sculpture en forme d’oiseau nommé « En Plein Cœur »… D’autres projets de ce type en préparation ?

C’est un ami qui m’a sollicité pour développer ce projet. Il m’a proposé l’idée de l’oiseau mais j’avoue que je n’étais pas parti sur ça. Au final, on est restés sur cette forme et on a bien fait puisqu’il a rencontré un succès inattendu. On voulait un bel objet en série limitée, fabriqué à partir de matières nobles et on a donc collaboré avec un sculpteur d’art au Portugal. Il a d’abord réalisé la sculpture en terre, puis mis au point un moule et ensuite réalisé la sculpture en résine et poudre de marbre pour obtenir cet aspect très élégant. Quant au socle et à la flèche qui transperce l’oiseau, ils ont été réalisés en laiton. Produit à 15 exemplaires, En Plein Cœur était accompagné d’une sérigraphie numérotée et signée.

 

Et il y a aussi les tapis chez Chevalier Edition ?

C’est une collaboration dont je suis très fier, je ne pensais pas que Chevalier Edition ferait appel à moi pour dessiner deux tapis. J’ai tout de suite eu l’idée d’une peau de bête avec mon Supanimal que j’ai décliné en deux versions : le SupaFlat 100% laine et le SupaCut avec 80% de laine et 20% de pure soie mesurant chacun 2,5x3m et édité à huit exemplaires. Ce sont deux tapis haut de gamme qui ont été fabriqués au Népal par des artisans garants d’un savoir-faire de qualité. Ils ont réalisé tous les nœuds à la main à partir de mes dessins et je trouve ça assez incroyable quand on sait qu’il y en a près de 100.000 au m2.

 

Tu as également collaboré avec la marque Olow récemment…?

Je connais bien Mathieu et Valentin, les fondateurs de la marque, et j’aime vraiment ce qu’ils font depuis les débuts d’Olow. Leur label correspond vraiment à mon univers et ils m’ont proposé de dessiner une petite collection pour célébrer leurs 10 ans. Ils m’ont laissé carte blanche pour imaginer une veste, une chemise, deux t-shirts et un short – qui sortira l’année prochaine – sur lesquels j’ai placé de grosses broderies réalisées dans l’usine portugaise qui travaille avec la marque Carven. Une super collaboration disponible sur leur site et sur celui de Metroplastique.

 

Justement, parlons de Metroplastique…

La marque que nous avons lancée avec Koralie continue d’exister bien sûr mais nous avons décidé de mettre de côté les vêtements car cela nous demande trop de temps aujourd’hui pour nous concentrer sur d’autres produits comme des séries de bijoux, des prints et des petits objets dérivés de notre univers.

 

Et la couverture du magazine ?

Pour la couverture du magazine, j’ai choisi un oiseau de nuit illuminé par le soleil avec une dorure. Il revient assez régulièrement en ce moment dans mon travail, tout comme les fleurs que je décline de plus en plus donnant des visuels avec une forme de romantisme et de poésie.

 

Quels sont les projets pour 2017 ?

Pas mal de choses sont prévues l’année prochaine. En plus de mon solo show à Zurich en janvier, je vais préparer une autre exposition qui aura lieu à Los Angeles au mois de mai prochain. Nous avons plusieurs projets de murs en préparation avec Koralie et toujours de nombreuses sessions tatouage au programme. Art-Surf-Tattoo !

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